Expérience

Expérience

Définition et étymologie

Du latin experientia, de experiti : faire l’essai. Nous appelons d’abord « expérience » l’état mental qui implique une relation immédiate de l’esprit avec une pratique de la réalité, éprouvée au sein d’un monde donné. Nous appelons expérience non seulement toute connaissance immédiate et non inférentielle, mais aussi une connaissance médiate ou induite à partir des données sensorielles, apprises et non innées. Enfin, l’expérience c’est également la procédure par laquelle une hypothèse ou une théorie scientifique est confrontée avec des faits.

Apports théoriques

La notion d’expérience, qui implique chaque partie prenante concernée, est grandement développée par John Dewey. Dans le cas de l’expérience festivalière, c’est la rencontre totale du festivalier avec un phénomène extérieur qui devient alors un tout, une globalité. 

Pour John Dewey l’expérience esthétique est au cœur de l’approche artistique, mais est aussi bien plus qu’une simple expérience ordinaire et ne peut être détachée de son environnement : « Il n’est pas d’expérience où la contribution humaine ne soit un facteur responsable de ce qui se produit réellement. L’organisme est une force, il n’est pas qu’une simple pellicule sensible ». Les concepts développés par John Dewey, qui confère une fonction politique et éducatrice à l’expérience artistique, vont dans le sens des dispositifs et pédagogiques promus par l’Éducation Artistique et Culturelle qui mettent notamment en avant le ludique comme processus d’apprentissage. « L’expérience esthétique s’établit dans toutes les phases de la vie ; définie comme une succession d’interactions entre un individu et une œuvre, elle se conçoit comme une forme d’apprentissage qui dure tout au long de l’existence »

John Dewey précise ici sa définition de l’expérience esthétique, en prenant en compte l’évolution de celle-ci. Cet apprentissage de sensation n’est donc pas un instant figé, comme unique et définitif, mais davantage un processus sur le long terme invoqué et renouvelé à chaque perception d’un objet esthétique. Le processus de réception de l’œuvre, par l’expérience esthétique, prend ainsi la forme d’un savoir rétrospectif mobilisé à chaque instant et somme de chaque expérience esthétique individuelle. Cela de deux manières : d’abord dans l’apprentissage et la formation d’un goût, d’une acuité esthétique par l’élaboration critique d’un jugement, et ensuite par l’appropriation des codes de réception d’une œuvre.

Focus sur les Trans Musicales

Si l’expérience festivalière correspond à la rencontre totale du festivalier avec un phénomène extérieur qui devient alors une totalité, dans le cas des Trans Musicales c’est la rencontre du festivalier avec plusieurs phénomènes extérieurs. La scénarisation, les dispositifs mis en place, les festivaliers autour, les substances illicites… Beaucoup de facteurs et de choix auront un impact sur l’expérience festivalière de chacun, et chaque spectateur se créera sa propre expérience.

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Centre national de ressources textuelles et lexicales
DEWEY John, L’Art comme expérience, Gallimard, Paris, 2010, p.402-403. 

 
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