Lexique de l’EAC

Lexique de l’EAC

Morceaux choisis de l’Éducation Artistique et Culturelle

 

D’après le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), le terme lexique vient de lexicon « dictionnaire », utilisé pour la première fois dans l’œuvre de Responce aux injures et calomnies… de Ronsard. Nous pouvons le définir aussi par un «Dictionnaire bilingue se réduisant à la simple mise en parallèle des unités lexicales des deux langues considérées». Selon le Larousse, lexique signifie une «liste alphabétique placée à la fin d’un ouvrage et donnant les mots du vocabulaire spécialisé qui y est utilisé

Ferdinand de Saussure, fondateur du structuralisme en sémiologie, dissèque le système du langage et en détermine deux aspects d’un mot. Le mot, un «signe linguistique» est constitué de la double articulation : signifiant, c’est-à-dire l’image du mot écrit ou le son du mot prononcé et le signifié, le concept porté par le mot, le sens véhiculé par le signe.

Dans Le Degré zéro de l’écriture, Roland Barthes souligne qu’un mythe s’incarne dans la langue collective et archaïque. C’est-à-dire que des significations sociales s’insèrent dans les définitions initiales des mots, comme une «suie des paroles».

Dans ces recherches à Rennes, Jean-Pierre Gagnepain aborde également le langage à travers sa théorie de la médiation. En effet, le linguiste déconstruit cette notion en s’appuyant principalement sur la pathologie. Il discerne quatre différents «plans de rationalité» : logique, technique, ethnique et éthique. 

Nos rapports à la signification des mots reste très divers. La communication implique d’établir un consensus sur le sens des mots. L’objectif d’un lexique est de pouvoir définir l’ensemble des termes, du champ lexical afin d’expliquer un concept dans un champ donné.

Dans le cadre du LUMEN 5, le concept sur lequel nous menons une réflexion est celui de l’autonomie des personnes à travers l’Éducation Artistique et Culturelle (EAC).

La charte de l’EAC réunit plusieurs idées qui font débat. Le lexique que nous proposons met en relief et confronte les différents points de vue des sociologues, des publics et des acteurs culturels afin de mener une réflexion diversifiée sur ce qu’implique l’idée d’autonomie culturelle. L’EAC est une notion au cœur des débats sur les politiques publiques. En déconstruisant les concepts clés nous voulons retourner à la source de cette notion pour mieux la comprendre et mieux l’appliquer.

Notre étude s’ancre sur le terrain des Trans Musicales 2019 mais la production de nos recherches est transposable sur le monde festivalier en général. Cet axe nous permet d’enrichir notre lexique avec des apports qualitatifs (entretiens, sociogrammes).

Notre objectif est d’aborder pédagogiquement cette notion afin que toute personne qui y est sensibilisée se l’approprie (chercheurs, étudiants, festivaliers,…). Une de nos missions est également de transmettre cet espace numérique au prochain bureau Tube à Idées, accessible aux étudiants de M1 et de M2 de notre filière, pour que ce contenu s’enrichisse et s’actualise d’année en année. 

Chaque article est structuré en trois parties :

Définition étymologique : une définition issue de dictionnaires qui sert de point de départ pour déconstruire la notion.

Apports théoriques : nous confrontons différents points de vue de sociologues autour du terme.

Focus sur les Trans Musicales : apports qualitatifs récoltés au cours du travail sur le terrain des Trans Musicales 2019 représentés sous des formes libres : anecdotes, extraits d’entretiens, extraits de sociogrammes, citations.

Nous avons sélectionné les mots du lexique en fonction de deux intentions :

Une partie des termes choisis incarnent les fondements de notre réflexion théorique sur l’Education Artistique et Culturelle. 

Une seconde partie des mots choisis font suite à notre travail de terrain aux Trans Musicales. Nous avons sélectionné certains termes récurrents du langage des festivaliers. Pour reprendre Béatrice Macé, « les Trans construisent leurs publics mais les publics construisent aussi leurs Trans.» Le festival se pose donc comme un espace de co-construction avec le public où le premier se nourrit du second et inversement. En effet, les prises de parole des festivaliers et la fréquentation des lieux de débats sont des indicateurs de l’« être festivalier » qui se complètent parfois par l’objectif de faire du spectateur un participant capable d’émettre des jugements d’ordre éthique et esthétique, en connaissance de cause. S’exprimer, savoir parler de son festival, de son expérience participe à la formation des publics et d’un esprit critique.

Notre réflexion s’alimente des rencontres que nous avons pu faire et des entretiens que nous avons pu mener pendant le festival, notamment lors de l’atelier participatif et pendant le Parcours avec les Trans.

Sommaire :

Accompagnement

Apprendre

Appropriation

Art

Autonomie

Cadre

Collectif

Connaissance

Esthétique

Expérience

Identité

Jeunesse

Joie

Langage

Liberté

Ludique

Parcours

Partage

Politique

Pratique

Première fois

Rencontre

Retrouvaille

Scénarisation

Sociabilitié

Surprise

 

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BARTHES Roland, Le Degré zéro de l’écriture, Paris, Seuil, 1972.
DE SAUSSURE Ferdinand, Ecrits de linguistique générale, Gallimard 2002
ETHIS Emmanuel, FABIANI Jean-Louis , MALINAS Damien, Avignon ou le public participant – Une sociologie du spectateur réinventé, L’Entretemps, Montpellier, 2008.
GAGNEPAIN Jean-Pierre, Du Vouloir dire. Traité d’épistémologie des sciences humaines. “Tome 1, Du signe”. De l’outil, Bruxelles, De Boeck Université, 1990, coll. Raisonnances.
MACE Béatrice lors de sa rencontre avec le Master 2 Culture et Communication de l’Université d’Avignon le 01/10/2019. 
MALINAS Damien et ROTH Raphaël, « Festival – Festivalier » Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics.
PONGE Francis Le Parti pri sdes choses. “Rhétorique”, Folio plus classique, Gallimard, 2009.