Le Premier Homme

Le Premier Homme

« Août 1957. Un écrivain célèbre d’une quarantaine d’années, Jacques Cormery (Jacques Gamblin), rend visite à sa mère qui demeure à Alger. La ville est en état de guerre. Il se souvient de ses années d’écolier, de ses amis européens et algériens et de M. Bernard (Denis Podalydès), cet instituteur qui l’a projeté vers une vie inconcevable pour un enfant né dans une famille pauvre et analphabète. Fidèle à son passé, que peut-il faire pour réconcilier ceux qui comme lui, pieds-noirs et algériens, sont nés sur le même sol, mais que le mouvement de l’histoire a transformés en ennemis héréditaires ? »

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Adapté du roman éponyme autobiographique (et inachevé) d’Albert Camus, le quatorzième long-métrage de l’Italien Gianni Amelio est une ode à l’humanisme. Ce n’est pas un film bavard : c’est un film de sensation(s). Un film qui met implicitement en scène l’écriture d’un livre qui se structure au fil des recherches et des émotions de Jacques Cormery (interprété par l’impeccable Jacques Gamblin), plongé dans Alger, son Alger, qui sombre dans la terreur. À travers un jeu de flashbacks saisissant, on découvre l’enfance de l’écrivain (l’interprète de Cormery enfant, Nino Jouglet, est absolument bouleversant) et une époque — les années 20 — durant laquelle l’utopie si chère à Camus semblait être possible en Algérie.

Jacques Cormery enfant (interprété par Nino Jouglet)

Impossible de parler de ce « premier homme » sans évoquer le rôle clé des femmes de sa jeunesse : sa mère (Maya Sansa / Catherine Sola), veuve, qui lui transmet un intense sens de l’affection pour les siens ; sa grand-mère (Ulla Baugué), acariâtre, qui lui inculque la droiture à travers ses râles colériques. Une alliance d’amour et de crainte qui fait écho au rapport complexe qu’entretient Cormery avec Alger en 1957…

Sur l’affiche du film, le Cormery de 1927, studieux et tourmenté, lit un manuel d’Histoire de France. Le Cormery de 1957, lui, se nourrit de sa propre histoire afin de rédiger le témoignage de l’un des plus douloureux épisode de l’histoire française.

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