[Sociogramme] Les Abeilles

[Sociogramme] Les Abeilles

Les Abeilles

Au dernier étage du cinéma Le Pandora, à Avignon, se trouve un essaim d’abeilles. Une bourdonnement dense se dégage de la loge la plus haute du bâtiment. Ce bruit est constitué d’un ensemble de conversations. Par deux, trois, ou cinq, les étudiants du Master 1 Stratégie du Développement Culturel – Mention Publics de la Culture et Communication se confient des missions et s’organisent pour savoir qui va aller butiner telle ou telle fleur. Le mouvement est incessant. Ils entrent et sortent de la pièce, montent et descendent les escaliers, soulèvent et déposent leurs ordinateurs, caméras et micros. Un groupe part interviewer le réalisateur Cédric Klapisch. Un autre s’en va tourner une vidéo pour faire gagner des places de cinéma aux internautes. Une partie du jury va voir en salle le documentaire « À voix haute – La force de la parole » pendant que les autres planchent sur leurs critiques de films. Une équipe est partie saisir des images pour la vidéo récapitulative des Rencontres du Sud. Chaque petit groupe d’étudiants a un rôle prédéfini. Il faut néanmoins s’adapter au contexte du terrain. Débattre. Choisir les questions pour les interviews, l’angle de caméra, la luminosité, le volume, les plans, les mots pour décrire un film, les mots pour les réseaux sociaux… Choisir.

Durant cette semaine passée hors de l’université, en mode « Supramuros », les étudiants ont la liberté de créer, au contact des professionnels du cinéma. Le premier jour du Festival, les idées sont peu judicieuses, le matériel est mal utilisé. Le second jour, c’est un peu mieux. Peu à peu, le résultat devient exploitable et se met à ressembler à quelque chose de « professionnel ». Les apprenants essaient comme ils peuvent de veiller à l’application de deux éléments essentiels : La liberté de jugement de chacun et le respect mutuel. Sans cela, la coopération serait impossible. Selon Piaget, « pour comprendre il faut créer les instruments qui nous permettent de comprendre le monde. Et pour créer, un espace de liberté est nécessaire, un espace que seul le self government et le travail par équipes peuvent offrir ».

Grâce à cette immersion au sein de cet événement cinématographique, les étudiants peuvent montrer ce qu’ils ont appris. Et c’est un plaisir intense. Jusqu’à minuit l’on peut entendre leur bourdonnement, sous le toit de ce cinéma. Ils se sentent utiles et créatifs, dans cette ruche à idées, où la coopération est reine.

Sébastien Guglielmo

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