[CRITIQUE] Les Fiancées en folie de Buster Keaton

[CRITIQUE] Les Fiancées en folie de Buster Keaton

Titre original : Seven Chances

Réalisateur : Buster Keaton

Interprètes: Buster Keaton, Ruth Dwyer, T. Roy Barnes, Snitz Edwards, Constance Talmadge

Distributeur : SPLENDOR FILMS

Sortie nationale : 08/03/2017

Cette version de « Les Fiancées en Folie » est le résultat d’une restauration du film d’origine tourné en 1920 par Buster Keaton. Le film raconte l’histoire d’un homme qui tente de conjuguer l’amour et la richesse.

Le jeune James apprend le jour de son vingt-septième anniversaire qu’il est l’heureux héritier d’une grande fortune. Or, dans le testament, son oncle précise que pour l’obtenir, son neveu doit être impérativement marié avant 19h ce même jour.

Paniqué, le jeune homme ne dispose que de quelques heures pour se marier. Pour sa première tentative de demande en mariage, il se tourne naturellement vers celle qu’il aime depuis toujours. Malgré tous ses efforts de sincérité dans sa déclaration, sa maladresse l’emporte et sa bien aimée refuse de l’épouser pour des raisons aussi mesquines. S’ensuit alors une course contre la montre à la recherche d’une mariée potentielle.

Grâce à ce procédé, le scénario est très rythmé, avec un enchaînement de séquences savamment construites autour des notions du temps et de l’espace. Les corps suivent une chorégraphie qui donne elle-même le tempo à la musique. L’apogée de cette danse est illustrée dans la séquence où le personnage principal, poursuivie par les fiancées éconduites, part dans une course effrénée à travers les montagnes. Buster Keaton lui-même réalise à la perfection toutes les acrobaties et les cascades, qui nous paraissent encore aujourd’hui d’une grande virtuosité.

Le réalisateur semble avoir une vision innovante des femmes, pour l’époque. De par leur nombre et leur énergie, elles déstabilisent et bouleversent les hommes, même dans des lieux essentiellement masculins. On peut, sans prendre trop de risques, dire qu’il s’agit là d’un des premiers films féministes : les femmes ont le pouvoir de dire non aux hommes, et même de se jouer du désir de ces derniers. La foule des femmes en robes de mariées courant après James, une brique à la main, ne fait qu’accentuer sa petitesse face à tant d’énergie et de colère dont elles sont capables. Les autres moments hilarants, quant à eux, s’appuient sur un comique de répétition et sur la caricature des situations.

Ce film reste un grand classique du cinéma muet, qui demande par moment de prendre un peu de recul par rapport à certaines scènes qui doivent être replacées dans le contexte historique de l’époque. Comme Charlie Chaplin, Buster Keaton reste un réalisateur de prédilection pour des moments de divertissement.

Irene Panizzi et Florie Tribouiller

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